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Le Romain du peuple est un personnage de tout premier plan dans la scène variée des caractères italiens. Très loin du Turinois, du Vénitien ou du Florentin qui le trouvent vulgaire et hâbleur, il parle avec véhémence et avec d'amples mouvements des mains le romanaccio, un dialecte riche en invectives savoureuses, à l'accent traînant. Mais, très superstitieux, c'est avec des gestes conjuratoires discrets qu'il combat le malocchio (mauvais œil). Le moindre chat noir entr'aperçu le matin suscite l'anxiété. Particulièrement néfaste est le fait, dans un groupe qui se rencontre ou se quitte, d'échanger une poignée de main au-dessus de deux autres mains qui se serrent !
On se lève tôt dans la capitale italienne, et si les innombrables employés des ministères sont à leur poste vers 8h après avoir avalé chez eux un café, la ou les pauses cappuccino – accompagné d'un cornetto (croissant) – au bar du coin, sont dans l'ordre naturel des choses. La journée de travail des fonctionnaires se termine vers 13h30, et beaucoup occupent un autre emploi, en général payé au noir. Mais, entre les deux, c'est la sacro-sainte pennichella (sieste). Magasins, administrations, tout est chiuso (fermé), et si les activités reprennent l'après-midi, ce n'est que vers 15h30 ou 16h, confirmant le dicton : "Pendant la sieste, seuls les chiens et les Français se promènent." Cette "institution" n'est pas sans créer quelques difficultés de communication entre Italiens du Nord et Romains des organismes étatiques !
Architecture, peinture, mosaïque, sculpture, musique, littérature, Rome a joué un rôle central dans la création artistique italienne et donc mondiale. Même avec la concurrence de Sienne, Venise ou Florence, Rome attira les plus grands artistes de la péninsule : de Bernin, l'architecte sculpteur à Raphaël qui décora de fresques la villa Farnesina dans le Trastevere, mais aussi Michel Angelo Buonarroti, dit Michel-Ange qui mourut à Rome en 1564. La plupart travaillèrent au service des papes ou de l'État. Même dans le domaine musical, l'Eglise fut de loin l'employeur le plus stable des musiciens de talent. Ainsi Scarlatti et Palestrina furent tous deux chefs de chœur. Plus près de nous, Tosca, l'opéra de Puccini se déroule à Rome sous la domination napoléonienne. Enfin comment évoquer Rome sans parler des cinéastes Roberto Rossellini (Rome, ville ouverte), Pier Paolo Pasolini (Mamma Roma) et Federico Fellini (Fellini Roma et la Dolce Vita). Ce dernier parlait de la ville comme de "mamma puttana" et déclarait : "Rome est une femme splendide (.), c'est une mère idéale, presque indifférente, c'est une mère qui a trop de fils pour pouvoir se consacrer uniquement à toi. Elle t'accueille quand tu viens, elle te laisse partir quand tu veux."
Manger (magnar en dialecte), ici, ce n'est pas une mince affaire ! Rien ne peut mieux décrire ce plaisir, cet art de vivre, que, dans Fellini Roma, la séquence nocturne d'un petit peuple attablé dans des trattorie en plein air. Un repas italien complet se déroule, lui, en trois séquences : les antipasti (hors-d'œuvre), le primo (c'est là que se trouvent les pâtes aux préparations infinies pourvu qu'elles soient al dente) et le secondo, à base de viande ou de poisson. La cuisine romaine trouve ses racines dans l'alimentation des pauvres, c'est pourquoi les abats y tiennent une place importante. Goûtez la coda (queue de bœuf) ou la trippa (tripes), grandes spécialités locales, et entre tant d'autres, la saltimbocca alla romana (escalope de veau servie en roulade avec une tranche de prosciutto - jambon cru - relevée de vin blanc et de sauge), ou le bacchio al forno, agneau de lait rôti parfumé au romarin et à l'ail, plat pascal par excellence. Le pecorino (fromage de brebis) romano, fraîchement rapé, accompagne les spaghetti al cacio et pepe (fromage et poivre) et se mange traditionnellement avec des fèves le lundi de Pâques (Pasquetta) et le 1er Mai.
Les mots et expressions suivants pourront vous être utiles :
bonjour : buongiorno (ou ciao, informel)au revoir : arrivederci (ou ciao, informel)oui : sìnon : nos'il vous plaît : per favoremerci : grazieexcusez-moi : mi scusije voudrais aller à... : voglio andare a...hôtel/pension : albergo/pensionerestaurant : ristorantepetit déjeuner : prima colazionedéjeuner : pranzodîner : cenaoffice du tourisme : ufficio di turismoavion : aereobus : autobus
Dans la ville qui abrite le Vatican, la plupart des habitants se déclarent catholiques, mais ils ne sont guère assidus aux cérémonies courantes. En revanche, les jours de fête, les églises ne désemplissent pas. On célèbre particulièrement la Saint-Joseph (19 mars), la Saint-Jean (23 juin) ainsi que Saint-Pierre et Saint-Paul, les saints patrons de la ville (29 juin). Lors du Jubilé 2000 – à l'occasion duquel Rome a bénéficié d'un grand nettoyage, de la rénovation de ses infrastructures et de la restauration de certains musées et sites culturels –, on ne comptait plus le nombre de pèlerins : 100 000 au Colisée illuminé pour le chemin de croix le soir du Vendredi saint, 200 000 aux alentours de la basilique Saint-Pierre le dimanche pascal, pour écouter l'homélie du pape : " Urbi et orbi... ". Les Romains suivent avec intérêt les faits et gestes du Vatican, en particulier depuis le pontificat de Jean-Paul II.
L'islam rassemble la deuxième communauté religieuse du pays. La première mosquée sur le sol italien a été inaugurée à Rome en 1995.
Le principal aéroport romain est l'aéroport Leonardo da Vinci, communément appelé Fiumicino, du nom de la localité où il se trouve (environ 30 km du centre). Il existe un autre aéroport plus petit, Ciampino, pour les vols charters et les compagnies de moindre importance.
La gare de Termini et la gare routière se trouvent au nord-est du Forum.
De celle-ci, des bus desservent les différentes villes italiennes. Des services urbains relient aussi des destinations proches situées dans le Latium (même billet que pour Rome intra-muros). De Termini, des trains rapides et confortables assurent régulièrement la liaison avec les grandes villes d'Italie et d'Europe.
Connectée au périphérique de Rome, l'Autostrada del Sole permet de se rendre au nord et au sud de la péninsule. Gare aux embouteillages au moment des retours de week-end.
Le Forum romain, centre commercial, politique et religieux de la Rome antique, occupe le périmètre entre le Capitole et le Palatin. Ce terrain marécageux, asséché au début de la République, devint le lieu des rassemblements publics et des réunions du Sénat. Sa construction dura plus de 900 ans et, après l'avènement de l'empire, les césars élevèrent sur ce site des édifices à l'image de leur grandeur. Le déclin du Forum accompagna celui de l'Empire romain à partir du IVe siècle. Ses temples et ses monuments tombèrent progressivement en ruine pour laisser place à des pâturages surnommés au Moyen Âge le campo Vaccino (champ des vaches). Il faudra attendre les XVIIIe et XIXe siècles pour que soient entreprises des fouilles systématiques qui se poursuivent d'ailleurs aujourd'hui.
On pénètre dans le Forum par la via dei Fori Imperiali qui part du Colisée ou amphithéâtre Flavien. Parmi les vestiges incontournables, citons en vrac l'arc de Septime Sévère, le temple de Saturne, la maison des Vestales, le temple d'Antonin et Faustine et l'arc de Titus.
Accessible depuis le Forum, le Palatin représente le berceau mythique de Rome. On a d'ailleurs découvert à cet endroit un village préhistorique. Les églises médiévales et les jardins Renaissance qui recouvrent partiellement les ruines leur confèrent un charme des plus romantiques. Les riches citoyens romains de l'époque républicaine, séduits par cette colline dominant le Tibre, y construisirent leurs demeures. Les empereurs ne tardèrent pas à les imiter. Auguste vécut là toute sa vie, mais sa résidence semble bien modeste comparée à celles de ses successeurs, notamment la Domus Flavia et la Domus Augustana de Domitien. À voir également la maison de Livie, l'épouse d'Auguste, l'une des constructions les mieux conservées du site, ainsi que les thermes de Septime Sévère. Le Circus Maximus, dont il ne reste pas grand chose, pouvait jadis accueillir plus de 200 000 spectateurs.
Autres ruines romainesTemple dédié à tous les dieux, le Panthéon fut bâti en 27 avant J.-C. par Agrippa, puis reconstruit en 120 par Hadrien. Avec son imposante coupole aux admirables proportions, il offre un exemple de perfection architecturale suivant les critères antiques. Il arborait à l'origine une toiture recouverte de tuiles en bronze doré. Le peintre Raphaël et le roi d'Italie Victor-Emmanuel II reposent à l'intérieur. En considérant les rares vestiges des thermes de Dioclétien, on a peine à imaginer que cet énorme complexe de 13 hectares, constitué de bains, de bibliothèques, de salons et de jardins, pouvait contenir 3 000 personnes. Les thermes de Caracalla (10 ha), d'une capacité de 1 600 baigneurs, conservent en revanche une partie significative de leur impressionnante structure initiale. Ils se dressent non loin de la via Appia, la voie romaine deux fois millénaire qui reliait Rome à Brindisi, au sud-est de l'Italie. Quantité de monuments jalonnent cette route, en particulier le cirque de Maxence et des sépultures de patriciens romains comme la tombe de Cecilia Metella. Le long de son parcours, plusieurs catacombes, les premières nécropoles chrétiennes, s'étendent sur des kilomètres de galeries souterraines.
Le VaticanMinuscule enclave dans la ville éternelle, le Vatican représente le centre spirituel et temporel de l'Église catholique sous la férule du souverain pontife. Cet État indépendant, le plus petit du monde, voit sa population quintupler pendant la semaine avec l'afflux de travailleurs habitant Rome.
Le circus Vaticanus, bâti sous Néron, se dressait jadis sur le site de l'actuelle basilique Saint-Pierre. Le martyre de saint Pierre et d'autres chrétiens se déroula probablement dans ce stade entre 64 et 67 de notre ère. En 315, l'empereur Constantin ordonna l'édification d'une église sur la tombe de l'apôtre. Au XVe siècle, le pape Nicolas V fit appel à des architectes, notamment Alberti, pour la rebâtir. Il fallut toutefois attendre 1506 et la commande passée à Bramante par Jules II pour que les travaux commencent réellement. La construction de la nouvelle basilique prit plus de 150 ans et attira outre Bramante, Raphaël, Antonio da Sangallo, Michel-Ange, Giacomo della Porta et Carlo Maderno. L'intérieur monumental abrite de fabuleuses œuvres d'art, dont la célèbre Pietà de Michel-Ange et le baldaquin baroque de 29 m de haut, réalisé par Bernin au-dessus du maître-autel. Également de Bernin, la grandiose place Saint-Pierre, qui se déploie devant l'édifice, fut aménagée au XVIIe siècle pour accueillir les chrétiens du monde entier. Elle est délimitée par deux colonnades en hémicycle surmontées de statues de saints et un obélisque s'élève en son milieu. Même si vous avez peu de temps à accorder aux musées du Vatican et à leurs collections inestimables, ne faites pas l'impasse sur la chapelle Sixtine et sur les chambres de Raphaël.
Le château Saint-AngeTout d'abord mausolée d'Hadrien, cette construction circulaire massive fut convertie en forteresse pontificale au VIe siècle. C'est le pape Grégoire le Grand qui, en 590, lui donna son nom actuel après avoir vu un ange apparaître au-dessus du bâtiment, annonçant la fin de l'épidémie de peste à Rome. En 136, Hadrien fit bâtir le pont Saint-Ange qui enjambe le Tibre afin de fournir un accès à sa dernière demeure. On le reconstruisit en 1450, en réutilisant certaines parties d'origine. De part et d'autre du tablier, des anges sculptés au XVIIe siècle par le Bernin et ses élèves portent les instruments de la Passion.
La Rome chrétienneSi l'architecture chrétienne ne forme que l'une des multiples strates historiques et culturelles de Rome, elle est particulièrement bien représentée, avec une église pratiquement à chaque coin de rue. Les basiliques chrétiennes les plus anciennes remontent au règne de Constantin (IVe siècle) mais la plupart des édifices religieux ont subi de nombreux remaniements, notamment à l'époque baroque. Les quatre grandes basiliques patriarcales, Saint-Pierre, au Vatican, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran et Saint-Paul-hors-les-Murs méritent une attention particulière.
Le CapitoleDessinée par Michel-Ange en 1538 et située sur la colline du Capitole, la piazza del Campidoglio est encadrée de trois palais : le palazzo dei Conservatori, le palazzo Nuovo et le palazzo dei Senatori. Les deux premiers abritent les musées du Capitole où vous pourrez admirer, entre autres, le célèbre bronze étrusque de la Louve romaine allaitant Romulus et Rémus. Pour apprécier pleinement la place, découvrez-la en empruntant la cordonata, escalier monumental également conçu par Michel-Ange, gardé au sommet par les deux colosses antiques Castor et Pollux.
Places et lieux incontournablesBordées de palais baroques, la place Navone recouvre le site du stade de Domitien construit en 86 de notre ère. Elle comporte trois superbes fontaines, dont, en son centre, la fontaine des Fleuves de Bernin (1651). Quatre imposantes statues incarnent le Gange, le Nil, le Danube et le Rio de la Plata et un obélisque égyptien surmonte l'ensemble. Toujours débordante d'animation, la place Navone est le lieu de rassemblement des Romains comme des touristes qui se bousculent aux terrasses des cafés et des glaciers. Autre point de rencontre privilégié, la piazza di Spagna vous attend au pied de l'escalier de la Trinité-des-Monts (1725) qui mène à l'église du même nom. Au mois de mai, des pots d'azalées roses tapissent joliment les marches. Paradis du lèche-vitrines, la via dei Condotti regroupe quantité de boutiques chics. L'élégant caffé Greco, le plus ancien café de la capitale, occupe le n°86. Immortalisée par Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans La Dolce Vita de Fellini, la fontaine de Trevi recueille les pièces de monnaie jetées par les visiteurs désireux de revoir un jour la ville éternelle. Un pittoresque marché aux fruits et aux légumes se tient tous les matins sur le campo dei Fiori. Aujourd'hui jalonnée de cafés et de trattorie, cette place du XIIe au XVe siècle servait de lieu d'exécution sous l'Inquisition. La statue de Giordano Bruno rappelle que ce philosophe dominicain y périt brûlé vif pour hérésie. La place débouche sur la piazza Farnèse, dominée par un somptueux palais Renaissance, le palazzo Farnèse, siège de l'ambassade de France.
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