Les Madrilènes sont plus souvent dans la rue, dans les bars et les cafés qu'à la maison, et cultivent avec application l'art d'être ensemble, celui de la conversation et celui de la fête, dans ce pays où la réalité quotidienne est souvent difficile. Les plus jeunes fréquentent assidûment les discothèques, où le bakalao (la version espagnole de la techno) fait fureur, jusqu'aux premières heures du jour, où la tradition veut que l'on petit-déjeune de chocolate con churros (beignets nappés de chocolat).
La langue officielle de l'Espagne est le castillan. Toutefois, d'autres langues comme le catalan ou le basque continuent d'être pratiquées au quotidien et reconnues dans leur région d'origine. Il existe aussi un certain nombre de dialectes locaux.
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Si les Madrilènes manifestent assez peu d'intérêt pour les grands arts en général, ils raffolent en revanche des arts populaires, comme en témoigne la vitalité de la zarzuela, sorte de petit drame lyrique datant du XVIIe siècle, à mi-chemin entre le vaudeville et l'opérette, et dont le maître incontesté est Asejo Barbieri, ou celle du flamenco, actuellement en pleine renaissance, que vous pourrez écouter dans les nombreux tablaos de Madrid.
La ville a inspiré nombre d'écrivains, comme le prolifique dramaturge Ramón Gómez de la Serna (1888-1963), le poète, romancier et humoriste Tirso de Molina (1541-1614) ou, plus récemment, Benito Pérez Galdos (1843-1920), qui a consacré la plus grande partie de son œuvre au Madrid du XIXe siècle et Camilo José Cela, lauréat du prix Nobel de littérature en 1989.
Bien que l'on puisse admirer dans les musées madrilènes les exemples les plus fameux de l'art espagnol - depuis El Greco jusqu'aux surréalistes Dalí, Miró ou Gris - et même de l'art européen, il est peu de peintres que l'on puisse associer à la capitale espagnole, sinon peut-être Diego Velázquez (1599-1660), auteur de portraits et de sujets mythologiques puis peintre de cour, avec des tableaux comme Les Ménines et Les Fileuses, ou encore Francisco de Goya (1746-1828) qui s'établit à Madrid en 1773, y poursuivit une brillante carrière officielle, avant de s'orienter vers une manière plus sombre et plus personnelle et de s'exiler à Bordeaux pour fuir l'absolutisme.
Composite, cosmopolite et versatile, Madrid donne sur le plan architectural le sentiment d'une ville sans personnalité propre, manquant singulièrement d'unité et d'harmonie, malgré les efforts de construction et d'ordonnance réalisés aux XVIIIe et XIXe siècles. On y trouvera cependant des constructions illustrant la magnificence et la finesse du style plateresco, fusion d'éléments gothiques, musulmans et du Quattrocento italien, qui naît sous le règne des Rois Catholiques et perdure jusqu'à Felipe II. Francisco Herrera, architecte de l'Escurial, a également imprimé sa marque dans la capitale espagnole par son style (herreriano) mathématique, monumental et dépouillé d'ornements. Le churrigueresco est la version espagnole du baroque, caractéristique des XVIIe et XVIIIe siècles. Introduit par l'architecte et sculpteur José de Churriguera (1665-1725), il a surtout été représenté par Pedro de Ribera (1683-1742), qui sera à partir de 1726 l'architecte municipal de Madrid. Juan de Villanueva (1739-1811), représentant du néoclassicisme, fut l'architecte principal des palais royaux et celui du Prado. De nombreuses traces de l'art mudéjar, souvenirs de la population musulmane qui resta en Castille après la reconquête chrétienne, sont également visibles dans la ville.
S'agissant du cinéma, Madrid évoque les noms de Carlos Saura, de Mario Camus et surtout de Pedro Almodovar, à la fois symbole de la "nouvelle vague" du cinéma espagnol et fer de lance de la movida, avec ses comédies foutraques (Femmes au bord de la crise de nerf, Talons aiguilles, La Fleur de mon secret, Tout sur ma mère,.) mettant en scène la vie madrilène, interlope ou familiale, avec une prédilection pour les personnages féminins.
Madrid, longtemps symbole de l'immobilisme de la dictature franquiste, est aussi le berceau de la movida, le "mouvement", celui des idées, de la vie et des modes. Tout en conservant son flegme légendaire, la capitale espagnole est devenue plus cosmopolite et plus inventive que sa grande rivale Barcelone.
Comme le reste de l'Espagne, Madrid est catholique. Les célébrations religieuses sont donc un point majeur de l'animation de la ville, en particulier pour Pâques.
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