Les sportifs en seront pour leurs frais à moins de faire partie des supporters du Galatasaray, la meilleure équipe de football turque. Après avoir marché pendant des heures au milieu de cette ville en perpétuelle effervescence, vous préférerez sans doute une visite au hammam ou bain turc pour un merveilleux moment de détente dans un décor des Mille et Une Nuits. Les noctambules trouveront à Istanbul quantité de bars, de discothèques et plusieurs clubs de rock ou de jazz. Des night-clubs proposent des dîners-spectacles, incluant notamment des danses du ventre et des troupes folkloriques. Les cinémas ne manquent pas et projettent surtout des films étrangers. Enfin, les amateurs de shopping risquent de rentrer avec un excédent de bagages car on trouve de tout à Istanbul, en particulier de beaux tapis et kilims faits main et des articles en cuir bon marché.
Les principaux monuments (Topkapi, Sainte-Sophie, la basilique de la Citerne, la mosquée Bleue.) se concentrent dans le vieil Istanbul et peuvent se découvrir à pied en deux jours. Comptez au moins trois jours pour explorer la ville et de préférence une semaine.
Le palais de Topkapi (Topkapi Sarayi)Topkapi, l'un des plus grands musées du monde, servit de résidence aux sultans pendant près de trois siècles. Mehmet le Conquérant fit édifier le premier palais peu après la conquête de 1453, et Mahmut II (1808-1839) fut le dernier à y vivre. Après lui, les souverains ottomans préférèrent s'installer dans les palais de style européen construits sur le Bosphore.
Le palais a évolué au cours des siècles, mais son plan général, organisé autour de quatre cours, n'a pas changé. La grande cour des Janissaires est aujourd'hui un parc ombragé mais, à la grande époque, c'était là que se réunissait ce corps d'élite du sultan dont la corruption finit par menacer le trône. Ne manquez pas non plus le harem, les luxueux appartements privés du sultan et de sa famille, épouses légitimes et concubines. Seul un petit nombre de ses trois cents pièces richement décorées est ouvert au public. Le Hazine (trésor impérial) recèle un amoncellement incroyable d'objets d'orfèvrerie incrustés de pierres précieuses. Vous pourrez également y admirer le fameux diamant dit "de la Cuillère"(86 carats).
La basilique Sainte-Sophie (Aya Sofya)L'église de la Sagesse divine (Sancta Sophia en latin, Hagia Sophia en grec, Aya Sofya en turc) ne fut pas consacrée à une sainte, comme semblerait l'indiquer son appellation courante en français mais à la Sainte (sancta, hagia) Sagesse (sophia). L'empereur Justinien (527-565) la fit bâtir dans le but de restaurer la grandeur de l'Empire romain sur le site de l'acropole de Byzance. Mehmet le Conquérant arriva en 1453 pour prendre possession, au nom de l'islam, de ce qui était alors la plus grande église de la chrétienté. Aya Sofya demeura un centre majeur de la foi musulmane jusqu'à ce que Mustafa Kemal la transforme en musée en 1935.
Il existe des édifices et des dômes plus vastes dans le monde, mais qui ont été construits avec des matériaux modernes. Ce qu'ont réussi les architecte de Sainte-Sophie avec les moyens de l'époque n'a jamais pu être égalé. L'impression de grâce et d'espace de la nef, les superbes mosaïques sur fond doré laissèrent les Byzantins sans voix et éblouissent aujourd'hui encore le touriste le plus blasé.
Le hammam de dame HÜrremA proximité de chaque mosquée se trouvent des bains de vapeur. Aya Sofya ne fait pas exception à la règle avec le hammam de dame HÜrrem (épouse de Soliman le Magnifique, connue en Europe sous le nom de Roxelane), construit par le grand architecte Sinan en 1556 sur l'emplacement de thermes byzantins.
La basilique de la CiterneSituée en face d'Aya Sofya, le Yerabatan Saray, ou basilique de la Citerne, le plus grand réservoir d'eau byzantin subsistant à Istanbul, fut construit en 532 sous le règne de l'empereur Justinien le Grand. Appelée aussi le "palais englouti", la citerne mesure 70 m de large et 140 m de long, et son toit est soutenu par 336 colonnes provenant d'édifices antiques. D'une contenance de 80 000 m2, elle permettait d'alimenter la ville en eau lors des sièges. L'eau pompée dans un réservoir près de la mer Noire était ensuite acheminée grâce à un aqueduc d'une vingtaine de kilomètres. Ne manquez pas de visiter ce site où vous pourrez admirer des jeux de lumière colorés, écouter de la musique classique et déambuler dans le labyrinthe d'allées. A l'occasion, vous apercevrez même les carpes qui peuplent l'étendue d'eau.
La mosquée du sultan Ahmet ou mosquée Bleue
Le sultan Ahmet Ier (1603-1617) voulait ériger une mosquée capable d'égaler, voire de surpasser Sainte-Sophie. Il parvint presque à ses fins. La Sultan Ahmet Camii, un chef-d'œuvre d'harmonie et d'élégance, est due à l'architecte Mehmet Aga qui la réalisa suivant un plan ottoman classique. La première cour abrite une fontaine aux ablutions et les galeries à portique qui l'entourent sur trois côtés peuvent servir à la prière, à la méditation et à l'étude lorsqu'il fait chaud. A l'intérieur, des vitraux modernes recréent l'atmosphère lumineuse d'origine. Le "bleu" auquel l'édifice doit son nom provient des superbes carreaux de faïence d'Iznik recouvrant les murs.
L'hippodromeCette vaste esplanade constitua le cœur de Byzance pendant un millénaire et celui de la vie ottomane durant les quatre siècles suivants. Elle fut le théâtre des innombrables drames politiques et militaires que connut la cité. A l'époque byzantine, les équipes de chars rivales et leurs partisans influençaient le cours de la politique et la victoire à l'hippodrome pouvait avoir des effets importants au sommet de l'état. Sous le règne des souverains ottomans, les mouvements de protestation populaires se manifestèrent souvent à cet endroit. C'est ici qu'en 1826 le sultan réformateur Mahmut II fit massacrer ses janissaires et que débutèrent en 1909 les révoltes qui devaient conduire à la chute d'AbdÜlhamid II.
Au nord de l'hippodrome se dresse la fontaine de l'empereur Guillaume, un petit belvédère de pierre superbement sculpté, présent de l'empereur d'Allemagne au sultan en 1901. L'impressionnant monolithe de granit, dit l'obélisque de Théodose, daté de 1500 avant notre ère, fut rapporté d'égypte par Constantin. également amenée à Constantinople par l'empereur, l'étrange colonneSerpentine (Ve siècle av. J.-C.) figurant trois serpents entrelacés se trouvait à l'origine devant le temple d'Apollon à Delphes.
Le musée des Arts turcs et islamiquesLe palais d'Ibrahim Pasha (1524), grand vizir de Soliman le Magnifique, accueille aujourd'hui le musée des Arts turcs et islamiques qui donne une bonne idée de l'opulence des riches Ottomans de l'époque. Les pièces exposées s'échelonnent du VIIIe au XIXe siècle. Parmi les plus remarquables, signalons des chefs-d'œuvre de calligraphie, notamment des manuscrit enluminés et des miniatures turques. La section d'ethnographie présente des métiers à tisser servant à fabriquer tapis et kilims, ainsi que des plantes et des matériaux utilisés pour la teinture des fibres textiles. Les reconstitutions d'habitats traditionnels sont particulièrement intéressantes.
Le marché couvert ou Grand BazarLe Grand Bazar d'Istanbul regroupe quelque quatre mille boutiques, des mosquées, des banques, des restaurants et des ateliers alignés sur des kilomètres de rues et ouverts tous les jours sauf le dimanche. Construit autour d'un petit bedesten ("entrepôt") remontant à Mehmet le Conquérant, le marché s'étendit progressivement sur une vaste zone. Les marchands les plus prospères firent édifier des han (caravansérails) en lisière du bazar pour loger les caravanes qui apportaient des richesses des quatre coins de l'Empire, pour les décharger et les vendre dans leur enceinte. Enfin, un système de portes et d'entrées, fermées à clé la nuit, fut installé afin de protéger cette ville dans la ville aux heures non ouvrées. Aujourd'hui, les touristes se bousculent dans ses artères principales et les rabatteurs harcèlent les groupes. Hors des sentiers battus, l'endroit conserve toutefois des aspects plus authentiques. Il reste fréquenté par des Stambouliotes désireux d'acheter quelques mètres de tissu, un bijou en or, un tapis ancien ou une peau de mouton moelleuse.
La mosquée de Soliman le magnifique (SÜleymaniye Camii)La SÜleymaniye Camii, œuvre du grand architecte turc Mimar Sinan, surpasse en taille toutes les mosquées d'Istanbul. érigée au sommet d'une colline, elle domine la Corne d'Or, offrant un point de vue superbe sur la ville. Cet édifice grandiose fut élevé entre 1550 et 1557 par le plus puissant des sultans ottomans, Soliman 1er dit "le Magnifique". Son intérieur impressionne par sa grandeur mais reste plaisant par sa simplicité. Le décoration est presque absente, mis à part les superbes carreaux de faïence d'Iznik du mirhab, les remarquables vitraux d'Ibrahim l'Ivrogne et les quatre colonnes massives provenant l'une de Baalbek, l'autre d'Alexandrie et les dernières de palais byzantins d'Istanbul. Les arabesques peintes sur la coupole furent rajoutées au XIXe siècle. Sinan, souhaitant surpasser Sainte-Sophie, adapta le plan de celle-ci au culte musulman. Le cimetière près de la mosquée contient les tombeaux (tÜrbeler) de Soliman et de son épouse Haseki HÜrrem Sultane (Roxelane), remarquables par la beauté de leurs faïences.
La Corne d'OrLa Corne d'Or abritait jadis le port d'Istanbul ainsi que son chantier naval et servait de canal reliant le centre-ville. Entourées de forêts, de champs et de palais au XVIIIe siècle, ce n'était plus au milieu du XXe siècle qu'un égout empoisonné par les déchets industriels, défiguré par des ateliers et des entrepôts dans un état de décrépitude avancé. Un ambitieux programme d'embellissement fut lancé au cours des années 80. On débarrassa les rives de leurs disgracieuses constructions et des rejets d'eaux usées pour les aménager en parcs. Nombre de quartiers de la Corne d'Or témoignent d'un riche passé. EminÖnÜ, avec son marché égyptien ou bazar aux épices, sa Nouvelle Mosquée (Yeni Cami) du XVIe siècle et le pont de Galata, était le site du grand marché et de la douane principale à l'époque byzantine et ottomane. Fener (Phanar), au nord-ouest, siège du patriarcat œcuménique orthodoxe, attirait de nombreux Grecs ottomans puissants et fortunés. On trouvait à Balat et à HaskÖy une importante communauté juive. Entre Balat et Fener se dresse l'une des curiosités architecturales majeures de la ville : l'église Saint-étienne-des-Bulgares, entièrement construite en fer forgé.
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