La société égyptienne n'est pas simple à définir. Elle est empreinte, d'un côté, d'un grand conservatisme, renforcé par la pauvreté, que symbolisent la nourriture traditionnelle (foul, ta'amiyya et légumes), les longs abeyyas noirs des femmes et les galabiyyas des hommes, le mariage entre cousins, un unique voyage dans la très lointaine Alexandrie et l'omniprésente "volonté de Dieu" ; de l'autre, d'un modernisme incarné par l'Occident en général et les Etats-Unis en particulier. Ces valeurs sont très minoritaires, mais le groupe social qui les incarne exerce une grande influence sur le reste de la société de par sa fortune et son statut. La grande majorité de la population égyptienne se situe, grosso modo, entre ces deux extrêmes.
L'arabe égyptien (ECA), surtout la langue de la rue, n'a presque rien à voir avec l'arabe classique. L'arabe parlé par un égyptien éduqué, même si sa prononciation est différente, se rapproche en revanche beaucoup plus de celui de ses voisins : un Jordanien ou un Irakien cultivé pourra discuter avec lui politique ou littérature, mais acheter du pain dans une boulangerie égyptienne sera pour ces derniers un vrai casse-tête.
Deux sons posent généralement problème aux non-Arabes : la lettre : 'ayn, presque semblable à un son d'étranglement, et l'arrêt glottal.
salut : salam 'alekum (litt. : la paix soit avec toi)
(réponse) : wa 'alekum es salam (litt. : et sur toi aussi)
bienvenue : ahlan wa sahlan
bonjour : sabah al-kher
bonsoir : misa al-kher
au revoir : ma'as salama (litt. : va en paix)
merci : houkrane
merci beaucoup : shoukrane gazilan
oui/non : aywa/la'
pardon : 'assif
comment allez-vous ? : izzayyak (à un homme)
izzayyik (à une femme)
izzayyukum (à un groupe)
je vais bien : kwayyis ilHamdu lillah (à un h.)
kwaysa il Hamdu
lillah (à une f.) ; : kwaysin ilHamdu lillah (à un groupe)
je m'appelle... : ismi...
je ne comprends pas : ana mish fahem
où est le marché ? : fein as-suq ?
je veux changer de l'argent : ana 'ayiz usarraf fulus
La culture musicale est omniprésente en Egypte. La musique classique a connu son apogée dans les années 1940 et 1950, incarnation du nationalisme qui fit alors du Caire le cœur du monde arabe. Emblème et star, Oum Khalsoum, dont les chansons d'amour et les qasa'id (longs poèmes) exprimaient au mieux l'identité collective.
La musique populaire a connu un renouveau dans les années 70 avec Ahmed Adawayya, qui a lancé un style de musique appelé al-jeel (la génération). Autre héritage d'Adawayya, le shaabi, beaucoup plus cru et provocant, est considéré comme le véritable vecteur de la classe populaire égyptienne.
La danse, institutionnalisée au Moyen Age sous la forme des ghawazee, assez semblables à nos troubadours, changea de nature au XIXe siècle avec l'arrivée des premiers voyageurs : les autorités religieuses, offusquées de voir des musulmanes danser devant des "infidèles", les taxèrent si lourdement qu'elles se prostituèrent pour survivre. La danse du ventre ne regagna un semblant de crédibilité qu'avec l'arrivée du cinéma, mais elle n'est toujours pas "respectable".
L'industrie égyptienne du cinéma, autrefois si vivante qu'elle s'exportait dans tous les pays arabes, est actuellement en sommeil, victime d'une lourde imposition et de la censure - avec une exception de taille, Youssef Chahine.
Enfin, nul ne revient d'Egypte sans évoquer l'architecture : depuis 5 000 ans, les temples et les tombeaux, les pyramides, les mastaba, les colonnes, les statues de dieux et de déesses fascinent et émerveillent.
Si la gastronomie égyptienne ne profite pas d'une excellente réputation internationale, on trouve facilement de bons restaurants. C'est le cas du côté d'Alexandrie, qui regorge d'établissements où l'on mange du poisson de la mer Rouge. Le pigeon et l'agneau sont souvent délicieux et les pâtisseries savoureuses.
Les mets les plus courants sont le foul, une purée de fèves habituellement servie dans un morceau de shami (pain semblable à de la pitta) et la ta'amiya, connue dans d'autres pays moyen-orientaux sous le nom de falafel, sandwich composé d'une purée de pois chiches, d'épices, de salade et de tahina, pâte à base de crème de sésame. Vous trouverez aussi couramment des kushari, plats de nouilles, riz, lentilles noires, oignons frits et sauce tomate, et des shwarma, qui sont l'équivalent égyptien du doner kebab.
N'oubliez pas non plus de goûter du molokhiyya, plat à base de feuilles du même nom trempées dans du bouillon de volaille, à l'aspect d'algue verte et à la consistance de mucus... Il fut banni par le calife Al-Hakim, au XIe siècle !
Le thé et le café sont servis très forts et sucrés. Le thé (shai) est le plus souvent noir et très chargé en tanin, et le café généralement du café "turc" (ahwa turki).
Pour les musulmans les plus stricts, l'alcool est haram (interdit), mais il est toléré (et bu) par la majorité des égyptiens. Vous trouverez donc de la bière, du vin et des alcools locaux (souvent cher, et de piètre qualité pour un étranger).
Environ 90% des égyptiens se réclament de l'islam ("soumission"), fondé au début du VIIe siècle par Mahomet et introduit en Egypte en 642. La prière représente une partie essentielle de la vie quotidienne du croyant, que le muezzin appelle cinq fois par jour du haut des minarets. L'autorité religieuse suprême est le sheikh d'Al-Azhar, dont le rôle est de définir la ligne officielle de l'islam sur... à peu près tout.
Les Coptes forment la principale minorité religieuse. Avant l'arrivée de l'islam, le christianisme était la religion prédominante dans le pays, l'un des premiers à avoir embrassé cette nouvelle foi. Les Coptes, dont le nom est dérivé du mot grec "Aegyptios", sont la résultante d'une scission de l'église orthodoxe d'Orient. Longtemps voués à la vie monastique, ils constituent aujourd'hui une élite cultivée (dont le représentant le plus connu est l'ancien Secrétaire général des Nations unies Boutros Boutros-Ghali) et une minorité économiquement puissante. Les mariages interreligieux sont prohibés, mais les deux communautés cohabitent de manière assez pacifique.
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