Vu l'extraordinaire richesse de la culture traditionnelle chinoise, nous ne pouvons qu'en évoquer ici succinctement les aspects les plus notoires.
"Sauver la face", équivalent du "statut" ou de la "dignité personnelle", est capital. En cas de différend, préférez toujours le compromis, et souriez avec insistance.
Les dialectes chinois divergent grandement les uns des autres, tout en présentant certains points communs. Le mandarin est la langue la plus utile, car il est compris de la majorité des habitants.
Ceux qui désirent l'apprendre devront maîtriser 4 tons et 56 000 caractères. Rassurez-vous, beaucoup sont archaïques et 8 000 devraient suffire. Tous les dialectes chinois emploient le même système d'écriture, quoique le cantonais emploie quelque 3 000 caractères spéciaux... Ceux qui pensent pouvoir mieux se débrouiller avec le "chinglish" (anglais à la sauce chinoise) seront déçus : 15 ans d'études chinoises et un cours intensif d'anglais semblent le minimum pour maîtriser cette langue hautement fantaisiste, et comme l'indique un dictionnaire anglo-chinois, "very useful for the using" ("très utile à l'utilisation").
bonjour : ni hao
au revoir : zàijiàn
merci : xièxie
je vous en prie : bukeqi
je m'appelle... : wo xing...
comment vous appelez-vous ? : nin gui xing ?
France : Faguo
je ne comprends pas : wo tingbudong
passeport : huzhào
toilettes : cèsuo
changer de l'argent : huàn qian
chambre standard : biaozhun fangjian
téléphone : diànhuà
demain : mingtian
je veux aller à... : wo yào qu...
acheter un billet : mai piào
L'histoire artistique de la Chine remonte à des millénaires. C'est le cas en particulier de la poterie qui date de plus de 8 000 ans. Elle atteignit son apogée sous la dynastie Song : on produisit alors de la véritable porcelaine à base de kaolin, blanche, fine, presque transparente. La porcelaine "blanc et bleu" apparut probablement sous les Yuan, tandis que la dynastie Qing est l'âge de la véritable porcelaine peinte décorée de paysages délicats, d'oiseaux et de fleurs.
Le coulage du bronze remonte quant à lui à la dynastie Xia, il y a 5 000 ans.
Le jade, paré de pouvoirs magiques et révéré en Chine depuis l'ère néolithique, revêt toutes les teintes et toutes les nuances ; c'est sous son aspect blanc qu'il a le plus de valeur.
Les objets funéraires en argile remontent au moins au Xe siècle av. J.-C. Certains d'entre eux témoigneront par la suite de l'importance des liens commerciaux avec l'Occident et de la vie cosmopolite de l'époque.
La Chine possède une très riche tradition littéraire, mais l'essentiel de cet héritage, en particulier la poésie, est intraduisible.
L'architecture traditionnelle (représentée par les structures impériales de Beijing) obéit à certains principes uniformes : toit vert ou jaune, orné de divinités et de symboles de chance (carpes ou dragons) ; lions de pierre à l'entrée ; petite cour intérieure où un grand vase recueille l'encens et les papiers d'offrande ; couleurs dominantes de rouge, d'or, de jaune et de vert...
Le cinéma a connu de nombreuses années d'ostracisme : on jugeait les films inadaptés au public chinois. Grâce à l'impact des prix internationaux, des œuvres comme celles de Zhang Yimou sont désormais projetées, et Shanghai a organisé en 1993 le 1er festival international du film.
Le théâtre contemporain, dont le plus célèbre représentant est l'opéra de Pékin, est l'héritier de 900 ans d'histoire. Il offre un spectacle varié alliant acrobatie, arts martiaux, poésie et danse stylisée. Les 4 rôles principaux sont la femme, l'homme, le "visage peint" (dieux et guerriers) et le bouffon.
La calligraphie était traditionnellement considérée comme la forme suprême de l'art plastique ; un mauvais calligraphe ne pouvait espérer réussir son examen de fonctionnaire. On qualifie les outils de base (papier, encre, pierres à encre et pinceau) de "quatre trésors des études du lettré".
Absolument tout ce qui est comestible peut échouer dans une assiette chinoise, d'où un très vaste éventail culinaire. Proverbe cantonais : "tout ce qui a quatre pattes et n'est pas une table, nous le mangeons", quoique pangolins, cervelles de singe crue et autres pattes d'ours, trop chers, ne figurent que rarement au menu.
Il existe quatre cuisines régionales différentes : celle de Beijing et du Shandong fait la part plus belle aux nouilles cuites à la vapeur qu'au riz et a pour spécialités le canard laqué et le poulet du mendiant, enveloppé dans des feuilles de lotus et cuit toute une journée sur des braises ; la variante cantonaise et de Chaozhou privilégie la cuisson à la vapeur, les préparations bouillies ou sautées et compte parmi ses spécialités les dim-sum, les œufs de mille ans (œufs enveloppés individuellement dans une mixture de cendres, de citron et de sel puis enterrés dans de la terre pendant 100 jours), la soupe de serpent, le ragoût de chien, le rat ou le hibou ; la cuisine de Chine orientale se spécialise dans les travers de porc, les fruits de mer et les soupes ; enfin, la cuisine du Sichuan compterait plus de 4 000 plats, au nombre desquels le gonbao jiding, poulet frit aux cacahuètes et au piment, le mapo doufu, viande de porc au yaourt de soja et aux oignons, le guoba roupian, riz soufflé servi avec de la viande de porc servie dans son jus de cuisson.
La religion a été influencée par trois grands courants de pensée : taoïsme, confucianisme et bouddhisme, tous trois inextricablement liés au sein de la religion populaire, qui intègre également d'anciennes croyances animistes.
On dit du taoïsme, né au VIIe siècle av. J.-C., qu'il est la seule religion véritablement chinoise. On ne sait rien de son fondateur, Lao-Tseu - ni même s'il a réellement existé. Le cœur du taoïsme est le concept du dao, ou Voie, principe de l'univers, qu'on ne peut appréhender qu'à travers une recherche mystique.
Le confucianisme, fondé par Confucius à la même période, est plus une philosophie qu'une religion. Il définit des codes de conduite et des modèles de soumission, met l'accent sur la famille, la piété filiale et le culte des ancêtres.
En Chine prédomine l'école mahayana du bouddhisme, ou Grand Véhicule ; elle regorge de cieux, d'enfers et de descriptions du nirvana. Les aspects du Bouddha sont multiples et les temples remplis d'images de dieux et d'intercesseurs. Au Tibet, au Sichuan et au Yunnan prédomine en revanche le bouddhisme tantrique, ou rajrayana, forme beaucoup plus mystique accordant une grande place aux postures rituelles, rites secrets d'initiation et mantras (formules sacrées).
Quant à l'astrologie, elle s'intègre dans les croyances religieuses. Le régime actuel continue de professer l'athéisme : seuls les athées peuvent devenir membres du Parti. La religion a beaucoup souffert de la Révolution culturelle, durant laquelle les temples ont été détruits et les moines éliminés ou condamnés aux travaux des champs.
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