Comme les Thaï, qui ont leur wai, les Cambodgiens se saluent traditionnellement par le sompiah, une inclinaison du buste les mains jointes. Plus l'inclinaison est profonde et les mains hautes, plus le respect est marqué. La poignée de main à l'occidentale tend à s'imposer depuis quelques années. Comme partout en Asie, un petit cadeau, symbole de gratitude, est apprécié lors d'une invitation. Il doit toujours être offert de la main droite. N'oubliez pas de vous déchausser avant d'entrer dans une maison khmère. Une tenue vestimentaire correcte (évitez les shorts et T-shirts sans manches) est appréciée pour la visite des pagodes.
La langue khmère ou cambodgienne a des points communs avec d'autres langues voisines, en revanche elle ne possède pas de tons, c'est-à-dire que les mots ne portent aucune intonation particulière qui modifie le sens. En conséquence, la prononciation s'avère très complexe pour nos gosiers. Par contre la grammaire est très simple.
Suai s'dei : Bonjour
Lia sunhhao-y : Au revoir
Juab kh'nia th'ngaykrao-y : A bientôt
Baat : Oui (pour les hommes)
jaa : Oui ( pour les femmes)
te : Non
Sohm : S'il vous plaît
Aw kohn : Merci
Sohm Toh : Excusez-moi
Niak sohk sabaay te : Bonjour, comment allez-vous?
Kh'nyohm ch'muah : Je m'appelle...
Kh'nyohm mao pii : Je viens de...
Tii nih mian niak jeh phiasaa awngle te? : Est-ce que quelqu'un parle anglais ?
Neuv ai naa ? : Où se trouve...?
Khaang joeng : Nord
Khaang d'bowng : Sud
Khaang kaot : Est
Khaang leit : Ouest
Les exactions des Khmers rouges ont porté des coups terribles à la culture locale. Ceux-ci ont détruit les statues, les instruments de musique, les livres : tout ce qui pouvait rappeler de près ou de loin un passé dont ils entendaient effacer toute trace. Depuis le début des années 90, on assiste à une lente renaissance de la culture traditionnelle. Le Ballet royal du Cambodge rappelle, plus que tout autre forme d'art, la gloire passée d'Angkor. Le théâtre de masques (lkhaon khaol) a repris de la vigueur. La musique accompagne tous les rites religieux. Parmi les ensembles musicaux traditionnels, citons l'areak ka, qui se produit pendant les mariages et qui se compose d'un violon à trois cordes (trokhmae), d'un instrument recourbé à corde unique (khsaemuoy) et de percussions (skorareak). La sculpture et l'architecture contemporaines sont fortement influencées par les beautés d'Angkor. Le cinéma a quasiment disparu, bien que les films de Rithy Panh (Les Gens de la rizière) laissent espérer, là aussi, un renouveau dans ce secteur artistique sinistré.
La cuisine cambodgienne est très influencée par les traditions thaïlandaises et laotiennes voisines. Elle présente, heureusement, quelques savoureuses spécialités locales. Le riz constitue la base de l'alimentation. Un repas cambodgien comporte presque toujours une soupe (ou samla), servie en même temps que les autres plats. A recommander, la samla chapek, soupe de porc parfumé au gingembre. Les Cambodgiens consomment beaucoup de poissons, pêchés dans les eaux du Tonlé Sap. Le trey aing, ou poisson grillé, est une spécialité locale. Le plus souvent, le poisson est découpé en morceaux, roulés dans une feuille de laitue ou d'épinard et trempés dans une sauce au poisson. Les salades cambodgiennes, parfumées au coriandre, aux feuilles de menthe et au thym citronné, sont délicieuses. On déguste des nouilles de riz ou khao phoune à tous les coins de rue. Les Cambodgiens arrosent en général leur repas de bière (la bière locale - l'Angkor - est très honnête).
Le Cambodge est très largement bouddhiste. Mais durant une très longue période (du Ier au XIVe siècle), l'hindouisme y régna en maître. Son influence prépondérante est encore visible à Angkor. Shiva était la divinité préférée de la famille royale. Elle fut supplantée au XIIe siècle par Vishnu. Le bouddhisme - celui de l'école de Theravada (doctrine ancienne) - fut introduit entre le XIIIe et XVe siècle au Cambodge. Il fut religion d'Etat jusqu'à l'arrivée au pouvoir des Khmers rouges (1975). La doctrine Theravada définit trois principaux aspects de l'existence humaine : le dukkha (souffrance), l'anicca (caractère transitoire de toutes choses) et l'anatta (caractère non substantiel de la réalité). L'objectif ultime du bouddhisme Theravada est le nibbana (nirvana en sanskrit), littéralement : "explosion" ou "extinction" des causes de la dukkha. Chaque homme est amené à devenir moine durant une brève période de son existence (idéalement entre la fin de sa formation et son entrée dans la vie active).
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