Histoire récente
Aujourd'hui, Bordeaux produit davantage de grands crus qu'aucune autre région du monde. Avec ses 100 000 hectares de vignes, la région produit environ un quart de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) de France, dont 75 % en vin rouge. Mais tout aussi impressionnante est la métamorphose de Bordeaux, devenue en quelques années une capitale de la haute technologie avec une industrie aéronautique des plus dynamiques.
Actualité Le phylloxera a été une véritable catastrophe pour la région. Des millions de pieds de vigne ont du être arrachés et brûlés à cause de ce petit puceron de moins d'un millimètre. Le problème n'a pu être résolu qu'en greffant des plants de vigne américains résistants au phylloxera, ce qui entraîna une baisse de la qualité. Mais la combinaison du sol, de l'exposition et du climat contribue aujourd'hui à créer les meilleurs vins, rouges et blancs, du monde. La région eut également la chance d'être relativement épargnée par les désastres des deux guerres, qui ont surtout frappé le nord du pays. De nombreux habitants y ont cependant perdu la vie. La résistance dont ont fait preuve les Bordelais a développé davantage encore l'audace et à l'indépendance qui ont fait leur réputation. Cependant la honte de la capitulation face aux Nazis ne leur pas été épargnée – c'est à Bordeaux qu'eut lieu l'armistice de 1940 avec Hitler. La ville a brièvement servi de capitale nationale durant chacun des trois conflits avec l'Allemagne : en 1870, 1914 et pendant deux semaines en 1940.
Histoire
L'histoire de Bordeaux est faite de vin et de roses. Au IIIe siècle av. J.-C., lors de sa fondation par les Romains, les vins de la région jouissaient déjà d'une excellente réputation. C'est au milieu du XIIe siècle que sa célébrité a été reconnue pour toujours dans le monde entier, quand le roi Henry II d'Angleterre épousa Aliénor d'Aquitane, étendant ainsi son pouvoir sur la région.
Le mariage d'Aliénor avec Henry d'Anjou accrut la rivalité entre la France et l'Angleterre, pour le contrôle de l'Aquitaine et des grands territoires anglais en France, qui allait durer trois siècles. Cependant, pour Bordeaux, ce mariage n'apporta que du bon. Le roi s'attirera la confiance des citoyens bordelais en les exonérant de taxes sur le commerce avec l'Angleterre. Les vins de Bordeaux devinrent ainsi les moins chers des vins importés, et bien évidemment, emportèrent un vif succès en Angleterre.
De 1154 à 1453, Bordeaux prospéra sous la domination anglaise, dont le goût persistant pour son vin rouge – connu de l'autre côté de la Manche comme le claret – aida la région à acquérir une renommée vinicole mondiale. Quand Bordeaux repassa sous la domination française en 1453, le commerce s'effondra avec la perte du marché du vin avec l'Angleterre.
De 1648 à 1653, la ville connue une série de révoltes, la Fronde, qui ne fut réprimée qu'en dernier à Bordeaux. Au XVIIIe siècle, la ville retrouva une nouvelle prospérité grâce au commerce des esclaves et du sucre, et le centre fut reconstruit par plusieurs gouverneurs royaux enthousiastes dont Claude Boucher et le marquis de Tourny. Bordeaux connut un triple échec au XIXe siècle avec la fin du commerce des esclaves en 1815, l'effondrement du marché du sucre et la destruction des vignes par le phylloxera en 1878.
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