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Capitale des Almohades aux XIIe et XIIIe siècles et résidence des sultans saadiens au XVIe siècle, Marrakech possède de véritables joyaux de l'architecture marocaine tels que la mosquée de la Koutoubia, la mosquée et la médersa Ali ben Youssef, le palais de la Bahia, le Dar Si Saïd et les tombeaux saadiens. La ville possède aussi des jardins tout à fait exceptionnels. Différents musées offrent un panorama à la fois architectural et historique de la ville. À ne pas manquer : le musée de Marrakech, le musée d'Art marocain (Dar Si Saïd) et le musée d'Art islamique (jardin Majorelle).
Chaque année, la ville acueille le Festival des Arts populaires et le Festival international du film.
On trouve à Marrakech un panorama assez complet de la cuisine marocaine. Les Bédouins ont introduits les dattes, le lait et le pain. Les Maures ont apporté les ingrédients de la cuisine andalouse : olives, huile d'olive, noisettes, amandes et herbes aromatiques. Les Arabes ont enrichi la cuisine marocaine des épices, comme le ras el-hanout, un mélange subtil souvent utilisé pour relever les tajines.
L'influence berbère se retrouve dans les plats les plus répandus. Le plus connu est le couscous, dans lequel se mélangent les saveurs de la semoule cuite à la vapeur, de la viande, de légumes parfumés et d'un condiment épicé, la harissa. Les délicieux tajines, qui mijotent longuement au four dans des plats en terre cuite, sont à base de viande et parfumés avec des herbes aromatiques. Il en existe une infinie variété. Poulet-citrons confits et agneau-pruneaux-amandes sont les deux plus courants. Le méchoui est un agneau rôti entier, traditionnellement accompagné de brochettes de foie et de cœur d'agneau. Autre spécialité berbère, la harira est une soupe épaisse préparée avec de la viande de mouton, des lentilles, des pois chiches, des oignons, de l'ail, des herbes aromatiques et des épices. Elle est traditionnellement servie pour rompre le jeûne lors du ramadan. La pastilla est certainement l'un des plats les plus raffinés de la cuisine marocaine. Il s'agit d'un feuilleté au pigeon, parfumé avec du citron, des amandes, de la canelle, du safran et saupoudré de sucre.
Le choix de pâtisseries est très vaste : elles sont en général à base de miel, d'amandes, de cannelle et de fleur d'oranger, et délicieuses avec un thé à la menthe.
L'arabe marocain (darija) découle de l'arabe classique. Il diffère tellement de l'arabe moderne standard qu'il est difficilement compréhensible du reste du monde arabe. La prononciation de l'arabe est difficile. Elle se caractérise notamment par l'utilisation des diphtongues aw ("aou"), ay ("aï") et ei ay (comme dans "faïence"). Trois consonnes sont particulièrement complexes à prononcer pour le profane. Il s'agit de l'occlusive sourde ('), et des sons ayn (fricative sonore) et rayn ("gh"). Ces deux derniers s'obtiennent assez bas dans la gorge et sont vocalisés par contraction gutturale accompagnée d'une sorte de grasseyement.
La transcription de l'alphabet arabe en alphabet latin n'obéit pas à des règles rigoureuses. Voici quelques mots et expressions utiles :
bonjour : sbah el-khir au revoir : beslama merci : shoukran oui : iyyeh non : ella d'accord : wakhkha excusez-moi : smeh liyya comment allez-vous ? : kidaira/kidayr (m/f) ? parlez-vous (français) ? : wash kathdar (m) / kathadri (f) (belfransawiya) ? je comprends : fhamt je ne comprends pas: ma fhamtsh comment vous appelez-vous ? : ashno smiytek ? je m'appelle...: smiyti... où puis-je trouver... ? : fin moumkim alka... ? autobus : tobis/hafila taxi : taksi vélo : darraja tournez à... gauche/droite : dor (m) / dori (f)... 'a el-lisar/'a el-liman tout droit : nishan la police : al-boulis hôtel/pension : foundok restaurant : ristora
De tous les sons qui assaillent le visiteur à son arrivée, c'est certainement l'appel à la prière qui laisse l'impression la plus forte. Né au VIIe siècle, l'islam est la religion de 99% des Marocains et puise aux mêmes racines que le christianisme et le judaïsme. Le Coran (Qur'an), livre saint révélé par Dieu à Mahomet, comporte de nombreuses références à des personnages de la Bible et de la Torah.
L'islam compte 5 principes (les " 5 piliers ") : la profession de foi : " Il n'est d'autre Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète " ; les 5 prières quotidiennes en direction de La Mecque ; l'aumône aux pauvres ; le jeûne du ramadan ; et le pèlerinage à La Mecque, ou hajj, au moins une fois dans la vie.
L'islam connut à ses débuts un schisme majeur qui divisa les croyants en deux courants : les sunnites et les chiites. Cette rupture résulta de la lutte de pouvoir livrée par Ali (cousin et gendre de Mahomet) contre la dynastie montante à Damas, les Omeyades. Le chef de ces derniers fut reconnu comme légitime successeur de la tradition ("sunna") par les sunnites. Ces derniers – branche la plus répandue et considérée comme "orthodoxe" – sont très largement majoritaires au Maroc.
Le minaret de la Koutoubia, culminant à 70 m, est un point de repère visible à des kilomètres à la ronde. La mosquée a été érigée par le sultan almohade Yacoub el-Mansour (1184-1199) sur l'emplacement d'une mosquée almoravide datant du siècle précédent. Son minaret est le plus ancien et le mieux conservé des trois construits sous cette dynastie. C'est aussi un exemple classique d'architecture hispano-mauresque. Le décor initial de plâtre rose et de zelliges (céramiques) colorés a disparu. Cependant, les panneaux décoratifs qui subsistent sur chaque face constituent un splendide exemple de l'art décoratif islamique.
Le nom de la mosquée est la seule trace du marché aux livres qui occupait jadis le site : koutoub signifie "livre" en arabe. Le soir, les environs de la mosquée sont très prisés des promeneurs. La mosquée est interdite aux non-musulmans, mais vous pouvez flâner dans les jardins fleuris ainsi que sur la place, à l'ouest, où des fouilles ont révélé les vestiges de la mosquée d'origine, qui dut être abattue car elle n'était pas tournée vers La Mecque.
Place Djemaa el-FnaCentre névralgique de Marrakech, l'immense place Djemaa el-Fna, au cœur de la médina, offre un spectacle à ciel ouvert incroyable. Animée à toute heure de la journée, la place s'éveille pleinement à la tombée de la nuit. Le rideau se lève alors sur d'innombrables rangées d'étals de nourriture qui remplissent l'air d'alléchantes odeurs.
Jongleurs, conteurs, charmeurs de serpents, musiciens et, parfois, acrobates occupent le reste de l'espace, vite entourés de spectateurs attentifs, qui observent et éclatent de rire avant de passer au spectacle suivant. En bordure de la place, des lampes à pétrole éclairent les étals de jus de fruits. Derrière, assis sur le sol au milieu de leur extraordinaire marchandise, les herboristes vous prescriront une potion, quel que soit votre problème de santé.
Les souksMarrakech doit autant sa renommée à la beauté de ses monuments qu'à l'animation colorée de ses célèbres souks, réputés pour la qualité des articles artisanaux que l'on y trouve.
Ce labyrinthe de ruelles est assez compact. On pénètre ici dans un monde à la fois fascinant et intimidant, dans lequel certains secteurs sont aussi paisibles qu'une gravure du XIXe siècle (comme le souk des forgerons ou celui des charpentiers), et d'autres où l'insistance des vendeurs frise l'agressivité.
Musée de MarrakechInauguré en 1997, le musée de Marrakech occupe le Dar Mnebhi, un palais du XIXe siècle magnifiquement restauré. À l'intérieur, des stalactites de stuc pendent des plafonds et les murs sont décorés d'une profusion de zelliges. Autour du superbe patio intérieur, des galeries renferment des œuvres d'art. Le visiteur peut aussi découvrir des aménagements traditionnels, comme le hammam ou la cuisine d'origine.
Les expositions temporaires, souvent thématiques, sont consacrées au patrimoine culturel marocain et à l'art contemporain. Le musée accueille aussi des spectacles.
Jardin Majorelle et musée d'Art islamiqueLe splendide jardin Majorelle et le musée d'Art islamique furent conçus par le peintre français Jacques Majorelle, qui y vécut de 1922 à 1962. Au milieu des cactus, des bambous et des cascades de bougainvillées se cache une villa d'un bleu intense qui abrite désormais le musée. Les collections incluent des tapis, des rideaux de mariage, des ceintures, des bijoux et des manuscrits. Les notices sont rédigées en arabe et en français. Quelques œuvres de Majorelle sont également exposées.
Tombeaux saadiensRedécouverts en 1917 et restaurés, les tombeaux saadiens furent construits au XVIe siècle par le sultan saadien Ahmed el-Mansour el-Dahbi pour lui et sa très nombreuse famille. Le successeur, alaouite, du sultan décida de faire murer le mausolée qui, ainsi, échappa aux pillages. Aujourd'hui, on peut ainsi facilement imaginer l'opulence dans laquelle vivait le sultan.
Le mausolée comprend 170 tombes. Le sultan et ses favoris reposent dans la salle des Trois Niches. Les tombes de ses épouses et de ses conseillers se trouvent dans le jardin. La salle des Douze Colonnes, au centre du mausolée, passe pour l'un des plus beaux exemples de l'art décoratif hispano-mauresque.
Pour se promener dans la médina, la marche est idéale. Pour circuler dans le reste de la ville, une trentaine de lignes de bus dessert les différents quartiers. Les courses en taxi sont assez bon marché. Les petits taxis (de couleur beige) sont équipés de compteurs (comptez 5-15 Dh en journée dans Marrakech). Les grands taxis (des Mercedes), sans compteurs, sont plus chers que les petits (même après marchandage).
On peut aussi choisir d'utiliser les calèches, qui reviennent parfois moins cher que les taxis.
Il n'est pas aisé de conduire à Marrakech, mais vous pourrez y louer une voiture, une moto ou un vélo. Certaines rues de la médina sont fermées à la circulation. Les parkings sont payants mais nombreux.
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