Je pense au Japon, comme une enfant perdue ; ébahie par sa méconnaissance
Un regard perdu dans le vide, je me demande comment ces visages, ces sourires, ce dynamisme déconcertant, ces couleurs qui semblent non pas absorber la lumière mais une partie de moi, ces signes qui paraissent percer l’essence même de la compréhension, cette modernité surréaliste qui semble sortie droit d’un autre monde et qui fait concurrence à un savoir traditionnel comme gorgé de sagesse et d’espoir, ces personnages si différents, peuvent me plonger dans une telle fascination. C’est un autre monde. Je ne sais pas par quelle magie ces hommes se sont autant différenciés de nous, occidentaux que nous sommes, comme si chacun des choix de l’humanité c’étaient scindés en deux, et que chaque « monde » récupérait un morceau de ces choix complètement opposés, par le simple fait du hasard.
Ce continent n’en est pas un, c’est un monde dynamique, vivant, et qui ne se laisse pas facilement approcher. Cette culture est une immense oasis sans fin que même le plus brave routard ne saurait épuiser par sa curiosité, tant elle est vaste, profonde, subtile et étendue. Comme un réseau alvéolé immense et infini de merveilles que les mots seuls ne sauraient ni même décrire leur complexité, ni même parler de leur infini magestuosité.
Mon projet consisterait à capturer les secrets et les merveilles de cette culture si atypique à travers l’image et le dialogue. Des instants de vie, sans pose ni désirs esthétiques, afin de déceler la véritable image du japon, comprendre les mentalités de ses habitants, leurs désirs, leurs peurs, mais aussi leurs espoirs. Ce qui les différencie de nous mais également, et surtout, ce qui nous donne un point d’attache, notre nature humaine avant tout. Avec mon réflex, comme une seconde partie de moi, un autre regard conscient, et mon dictionnaire de japonais en poche pour m’abstraire des difficultés du vocabulaire et de la langue, je parcourais les 4 régions principales du japon : ……………………
Ce sera comme parcourir les terrains abrupts d’un grand champ de bataille en essayant de trouver des réponses. Je pourrais m’initier à ce monde, affleurer la surface des choses comme pour comprendre son fonctionnement dans sa globalité, pour plus tard entreprendre un voyage plus long et qui sait, un jour y habiter. Petit à petit, ma vision s’éclaircira et je pourrais enfin comprendre et faire découvrir les mystères de ce continent isolé.