Le tour du monde de Maëlle

Un voyage qui débute le 01 octobre 2008 et finit le 01 octobre 2009
Maëlle BOCHER, 9 ans, est la lauréate française et internatio … Plus d'infos  
Maëlle BOCHER, 9 ans, est la lauréate française et internationale du concours de dessin Accu-Chek 2005 pour la catégorie des 6/9 ans.

En décembre 2005, elle a embarqué pour un tour du monde sur le "Ranitéa", voilier que ses parents ont construit eux-mêmes .
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La vie quotidienne au Brésil

Nous refaisons les pleins d’eau à la fontaine de Bica à Itaparica et profitons du courant de flot pour rejoindre le rio Paraguaçu, un petit fleuve qui se jette dans la partie Nord-Ouest de la baie de Salvador.

ImageSur le fleuve Paraguaçu

L’entrée du fleuve est bien balisée mais il faut tout de même rester vigilant car un grand banc de sable longe l’entrée bâbord (gauche). Au détour du premier méandre, un gigantesque chantier de construction de plates-formes pétrolières apparaît… Le premier abord n’est guère engageant ! Très vite, c’est la nature sauvage, la forêt Atlantique, qui même si elle a bien diminuée depuis l’époque des premiers conquistadors, reprend ses droits et dévale encore les pentes jusqu’aux berges du fleuve. Forte impression de rentrer dans le décor du film « Mission ». Les berges sont bordées de bâtiments de l’époque des conquistadors : fortins où les canons rouillés sont encore à poste, vieux moulins à canne à sucre alimentés par des aqueducs de pierre, quelques églises et couvents aussi. Quelques vieilles maisons coloniales aux murs de couleurs délavés par le temps et les intempéries mais encore fièrement debout, restent les témoins d’un passé pas si lointain. Cette région a été une zone de culture intensive de la canne à sucre.

Image L’île de Coelho

Un saveiro, bateau à fond plat de transport, ne navigant qu’à la voile nous rattrape doucement mais sûrement. Au vent portant, son énorme et lourde voile en coton au bleu délavé, pousse puissamment ce lourd bateau en bois massif de près de trente tonnes. Ils rayonnent entre Salvador et tous les villages de la baie et du fleuve, profitant savamment des marées, courants et contre-courants.

Ce soir nous mouillons près de l’île de Coelho car la renverse de marée crée un courant descendant trop fort. A peine mouillés, un pêcheur vient nous proposer de magnifiques crevettes d’une fraîcheur irréprochable. Un peu plus tard, nous descendons à terre par une petite trouée dans la mangrove. Comme en Casamance, nous nous enfonçons  dans la vase dès que nous mettons le pied à terre. Une seule maison d’où sort une ribambelle d’enfants timides mais qui s’enhardissent dès qu’ils voient Maëlle. Quelques minutes plus tard, le papa revient des champs avec une lourde gerbe de sisal qu’il vendra aux artisans fabricant des balais. La maman rentrera plus tard, elle fait sa lessive à la rivière aidée de sa fille aînée. Les enfants nous accompagnent dans notre promenade et nous emmènent près d’une magnifique cascade alimentant la petite rivière qui sont les seuls accès à l’eau de cette famille. Ces petits producteurs sont installés sur  une fazenda de plusieurs milliers d’hectares appartenant à un propriétaire vivant généralement en ville. En échange d’un petit pécule versé une fois par an, d’un lopin de terre à cultiver  où ils peuvent vivre, ils doivent surveiller le bétail et les clôtures. Peu d’espoir de sortir de leur condition pour ces gens.


Image

Le marché de Maragogipe

Le lendemain, nous poursuivons notre route vers Maragogipe où aura lieu demain le grand marché hebdomadaire : nous en profiterons pour faire le ravitaillement en produits frais. Pour le moment, baignade pour tout le monde en compagnie d’une autre famille de bateau avec trois filles qui s’entendent très bien avec Maëlle, et que nous retrouvons ici.

Depuis l’aube des pirogues à rames arrivent des quatre coins cardinaux transportant marchandises et passagers. Pas difficile de trouver le marché, il suffit de suivre le flot des habitants dans le labyrinthe de rues bordées de maisons rococo aux couleurs criardes. En fait il y a plusieurs marchés : le marché à bestiaux où l’on échange ânes et zébus ; le marché aux poissons où l’on trouve crevettes, crabes, coquillages, poissons ; et étonnamment des étals de bouchers. Dans un coin un gigantesque tas de carcasses de bœufs est noir de vautours… scène inattendue à la Hitchkock. Le marché aux fruits et légumes, lui, se tient au cœur du village à l’ombre de la vieille église San Bartolomé, patron du village. Il est sept heures et les rues sont déjà bondées. De nombreux petits producteurs tiennent des étals sur de simples bâches. La variété de produits est très grande et aucun souci pour trouver notre bonheur. Sous la halle centrale, se tient le marché au manioc présent sous toutes ses formes : racine, farine, fécule, tapioca. C’est un aliment omniprésent dans la cuisine bahianaise.


ImageLa fête du village

Maintenant, nous sommes lourdement chargés et le mouillage est à plus de deux kilomètres. Pas de problème : ici, on loue une brouette et son « chauffeur » et pour 1,50€, il transporte toutes vos courses à domicile. En discutant avec notre chauffeur, étudiant qui veut se faire de l’argent de poche, nous apprenons qu’il y a les transporteurs officiels et les autres. Les autres sont des enfants et adolescents qui sont autorisés par la mairie à pratiquer ce travail uniquement le jour du marché. Les enfants de huit-dix ans se réunissent par deux pour louer une brouette pour la matinée s’ils n’en n’ont pas. Si le trajet est long ou la brouette très lourde, ils se relaient. Un accord tacite entre adultes et enfants fait que s’ils peinent, l’adulte commanditaire met la main à la pâte et pousse également la brouette.

Dès l’aube, ce dimanche, nous sommes réveillés par les explosions des pétards et mini feux d’artifices. Aujourd’hui, c’est la fête au village. De toutes les fazendas arrivent des groupes de cavaliers sur des montures aux crinières impeccablement tressées. Les sabots cirés claquent sur les pavés et les habitants du village acclament leurs équipes favorites. A l’autre extrémité du village se tient un concours de bestiaux et les heureux lauréats, de monstrueux zébus, défilent ensuite, montés par leur propriétaire, au milieu de la foule. Maëlle est méfiante devant ces monstres et ne tient pas particulièrement à s’attarder.

Etant en période pré-électorale, les équipes politiques en profitent pour faire quelques meetings. Chacune d’elles a aussi des voitures munies de puissants hauts parleurs diffusants des messages à grands coups de décibels. Partout dans la rue, tables et chaises sont installées et la cachaça coule à flot. Après une grande ballade sur les hauteurs du village où les enfants profitent du vent pour faire voler des cerfs-volants faits de sacs plastiques, nous rentrons avant la nuit qui sera certainement très chaude…

Pour découvrir l'intégralité du tour du monde de Maëlle, ayant débuté le 12 décembre 2005, cliquez ici .

 
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