
On est parti pour un voyage d'un an et demi. Première destination, l'Ethiopie. Pour suivre le voyage au jour le jour : www.trip-harmonic.com
L’arrivée à Addis Abeba au petit matin a quelque chose de magique.
Remercions donc la British Airways pour les six heures de retard. J’imagine les astronautes avant de mettre le premier pas sur la Lune : entre les montagnes, quelques lacs et des cours d’eau serpentent dans un entrelacs de petites parcelles cultivées.
Peu d’arbres, de minuscules hameaux reliés par des chemins en terre, une surface ocre et brune… lunaire ! Sauf qu’ici, les martiens c’est nous. Arrivés à l’aéroport, l’ami qui devait venir nous chercher n’est pas là. Un homme me propose spontanément d’appeler sur son portable. C’est sûr, on n’est plus à Paris ! Il travaille pour une ONG qui s’occupe de faire adopter des enfants éthiopiens à des américains ; on estime à 5 millions les enfants qui attendent ici des parents et une vie meilleure. Parmi les dizaines de personnes présentes dans le hall, trois rastafaris semblent attendre avec impatience un collègue. Enormes dreads, bonnets en laine vert-jaune-rouge, sourire figés sous leurs barbes, ils semblent tout droit sortis d’une pochette de disque de Bob Marley. On est au pays d’Haïle Sellassié, et quelques communautés rastas subsistent dans le sud du pays dans la ville de Shashemene.
Milisha (meilleur ami d’Allem, amie à nous éthiopienne, mariée avec Alex, ami parisien…on y arrive) nous rejoint. On nous avait prévenu qu’il ressemble à Ben Harper, c’est pas faux ! Petit, fin, les lèvres charnus, et des petites dreads en pétard, il a une peau matte, très caractéristique de la tribu des guragués (sud Ethiopie).
On traverse Addis en Land Rover, les routes goudronnées sont bordées de trottoir en pierre et en terre. Autour de nous, c’est un étonnant mix d’immeubles de 4-5 étages, de bidonvilles et de cabanes en bois. La ville semble en construction. Milisha nous explique que l’on construit tellement à Addis que le ciment fabriqué en Ethiopie ne suffit plus. En effet !
Sur un terrain vague à notre droite deux hommes se battent, gloups…
On s’arrête à La Parisienne, une petite terrasse à la mode. Première attention de Milisha, les croissants sont les meilleurs de la ville. Il fait chaud au soleil mais frais à l’ombre, on est à 2500m d’altitude. L’air est pur malgré l’affreuse fumée noire que crachent de vieux taxis bleus (vielles Lada & Datsung années 70).
On part poser nos affaires dans la maison qu’il vient de récupérer du gouvernement pour en faire une guest house. C’est l’ancienne ambassade du Canada ; Milisha a beau être propriétaire, le bien reste au gouvernement. Ici, on achète les clefs, pas le sol. Nous rencontrons des personnes qui travaillent avec Milisha : Mulugeta, Germa, Azeb. C’est étrange de se dire que l’on va passer presque sept mois en Afrique. Les gens ont l’air doux et généreux malgré une violence exprimée, mais ça y est cette fois enfin, on réalise.
Observe,
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